Deux articles intéressants aujourd'hui :

  • d'une part, un article de Steven Davidoff dans le New York Times, qui explique pourquoi la situation financière des universités américaines est si difficile. Certes, on voit plein d'articles expliquant que, vu la situation financière, les universités vont renoncer à plusieurs recrutements cette année. Et pourtant, quand on regarde les chiffres, les pertes de l'année 2008 ont tout juste effacés les gains de l'année 2007, de sorte qu'on est revenus aux niveaux (déjà élevés) de fin 2006. Pas de quoi déclencher un plan ORSEC, donc, et je ne comprenais pas pourquoi cette vague de restrictions budgétaires. C'est cet article qui me l'a fait comprendre : l'endowment, comme tout fond investi, se trouve réparti entre des fonds liquides, mobilisables rapidement, et des fonds investis à long terme, ou des biens immobiliers, dont il n'est pas facile de se séparer. Ce sont les fonds liquides qui ont été les plus touchés par la crise. De sorte que la proportion liquide/long terme a bien diminué. Et si l'on maintient le niveau de dépenses, les fonds liquides vont encore diminuer, puisque ce sont eux qu'on ponctionne... À un moment, l'université court le risque de se retrouver avec uniquement des fonds à long terme, une fortune qu'elle n'a pas le droit de dépenser. Et voilà comment on peut être très riche et quand même obligé de réduire ses dépenses.
  • d'autre part, dans les commentaires du premier, un post intitulé "Et in Arcadia Ego", sur un blog "The Epicurian Dealmaker". Il s'agit d'un point de vue de l'intérieur sur la hausse des prix de l'université. Outre des formules qui me font hurler de rire : "college administrators believe their target market is as hopelessly price insensitive as your average crack whore", "private education in America spends money like a drunken sailor"... il y a aussi des considérations intéressantes sur ce qui rend l'éducation particulière par rapport au reste : c'est un boulot "work-intensive", et où il n'y a pas eu de gains de productivité. Un point qu'elle partage avec, par exemple, la musique : aujourd'hui, il faut toujours autant de monde pour jouer la 9e de Beethoven (ou pour une formation universitaire) qu'au 19e siècle. Ce qui explique en partie l'augmentation des coûts universitaires par rapport au coût de la vie. Enfin, aux États-Unis, évidemment.