Ce matin, trois ou quatre de mes mondes se sont intersectés avec une force rare.

Lisant "Nature" au petit déjeuner, je tombe sur un compte-rendu de lecture, intitulé "Myth of the missing mothers". Le compte-rendu est passionnant, et le livre s'intitule "Motherhood, the elephant in the laboratory", édité par Emily Monosson.

Le sujet, évidemment, est l'absence, ou le faible nombre, de femmes dans les carrières académiques, et en particulier en science. L'excuse habituelle est que les charges liées aux enfants les empêchent de grimper dans la hiérarchie. Les charges liées aux enfants, je connais. Comme me le disait un pasteur suisse, "Quand on est mariés, une thune, c'est deux francs cinquante chacun". En vertu de ce sain(t) principe, on se partage les charges moitié-moitié. Et c'est donc chacun son tour qu'on part à 17h des réunions qui s'éternisent pour aller chercher les Holzschuch juniors à la sortie de l'école. Les jours où les gamins sont malades, c'est chacun son tour qu'on pose un jour d'absence. Ce qui n'empêche pas nos carrières d'avancer, même si on eu quelques "années blanches". Chacun. Et qu'on s'est aussi heurtés au sexisme dans les commissions de spécialiste (enfin, surtout elle).

Comme le souligne l'auteur du compte-rendu de lecture, les charges liées aux enfants n'expliquent pas entièrement le "plafond de verre". Comme elle le dit aussi, il est plus facile d'élever des enfants en étant professeur à l'université qu'en étant caissière de supermarché. Bref, je ne vais pas vous faire un compte-rendu de lecture du compte-rendu de lecture, vous n'avez qu'à aller lire le premier. Et je vais commander le livre de ce pas.

Ce qui m'a frappé, c'est que le compte-rendu de lecture se termine en citant comme source primaire et fiable sur le sujet... le blog de Female Science Professor (que je consulte quotidiennement). Un article dans Nature qui cite un blog comme source faisant autorité, la boucle est bouclée de façon impressionnante.

Et, pour boucler la liste des coïncidences et l'intersection de mes différentes vies, le livre est publié chez... Cornell University Press.