Dick Grayson: I need a name! Batboy, Nightwing, I dunno. What's a good sidekick name?
Bruce Wayne: How about Dick Grayson, college student?
Dick Grayson: Fuck you!

(Batman Forever)

Le premier cycle, dans une université américaine, ça s'appelle le "College". On y entre après une sélection sur dossier, qui prend en compte les relevés de note des années antérieures, une lettre de motivation et les activités extra-curriculaires. Le processus de sélection est vu comme la première manifestation de l'autonomie de l'université, et donc sa prérogative intouchable. Les résultats sont notoirement non-linéaires (ça n'est pas parce que vous êtes premier de la classe que vous pourrez aller à Harvard. Ni à Stanford, d'ailleurs).

Le College joue pour les américains le même rôle que les Grandes Écoles en France : une fois qu'on est entré, on est presque sûr d'en sortir, avec un diplome, le prestige associé au statut d'ancien élève, et un réseau d'anciens qui nous ouvrira les portes des meilleurs jobs. Cependant, tous ces travers sont plutôt moins accentués qu'en France : il est possible de se faire virer du College, et le prestige de l'Université ne suffit pas à ouvrir toutes les portes (ou plutôt, avec un diplome de Berkeley, vous trouverez que les recruteurs viennent moins se battre pour vous qu'avec un diplome de Polytechnique... Tout étant relatif, évidemment).

Le processus de sélection est également délicat pour l'Université, dans la mesure où ce que les étudiants vont faire n'est pas connu à l'avance. Si Harvard est à peu près sûre que les candidats sélectionnés vont choisir Harvard (et encore, c'est pas sûr), ça n'est pas vrai pour Stanford, Berkeley, Columbia ou Cornell, et encore moins, évidemment, pour UC Davis ou UCF. Lorsqu'une université accepte un étudiant, elle lui offre la possibilité de venir. L'étudiant peut refuser cette possibilité, par exemple parce qu'il est accepté ailleurs. UC Davis accepte ainsi 21 000 étudiants, alors qu'elle a seulement de la place pour 4600, sachant que 80 % des candidats acceptés iront ailleurs. Le processus est éminemment risqué, surtout quand on est une université en bas de l'échelle : en fonction de ce que font les autres, on peut se trouver avec une promotion réduite, ou au contraire énorme... Il arrive que des petites universités rejettent de très bons candidats pour simplifier leur processus : on sait déjà qu'ils iront ailleurs, pas la peine de gâcher une enveloppe.

En ce moment, c'est la période où les étudiants reçoivent leurs lettres, acceptation ou rejection. Une enveloppe d'acceptation est toujours plus épaisse, parce qu'elle contient les informations sur les études, la plaquette, les tarifs, les bourses...

Le WSJ se penche sur ces lettres, la façon dont elles sont reçues (mal) et qui s'y prend le mieux, diplomatiquement (Harvard).

Il y a quelques années, un étudiant avait retourné la situation, pour rire.