Me revoilà de passage à Cornell pour quelques jours. Quelques pensées rapides...

  • Le plaisir qu'on a quand un voyage se passe bien : deux trains suivis par deux avions, et pas une seule correspondance ratée, ça fait du bien. Pas un seul bagage perdu non plus. Pour un peu, je me sentirais le nouveau Phileas Fogg.
  • Repasser de l'autre côté du miroir, passer quelques jours dans une université américaine, ça fait un bien fou. Je le recommande fortement, à intervalles réguliers, pour se rappeler qu'il existe "quelque chose d'autre" en dehors des frontières françaises.
  • L'importance de "l'effet Campus". On peut gloser longtemps sur les différences entre système français et système américain, l'importance d'un campus unique qui matérialise l'Université, c'est fondamental. Et son style, aussi. Le campus, c'est la partie visible de l'Université, c'est ce qui la matérialise aux yeux du monde (à commencer par les universitaires). C'est pour ça que je ne crois pas beaucoup aux PRES qui ne sont pas basés sur une unité de lieu, sur un seul campus (Grenoble, Strasbourg, Nancy, Montpellier, je veux bien. Mais le PRES "Nantes-Angers-Le Mans", j'ai du mal). Qu'il s'agisse d'un campus isolé de la ville (Cornell, Stanford, Columbia) ou d'un "campus dans la ville" (Edinburgh), ce qui compte c'est de matérialiser l'existence de l'Université, d'un tout qui est plus grand que la somme des parties. Et voilà pourquoi aussi le style du campus est fondamental. Il ne faut pas juste des bâtiments, il faut des bâtiments avec du style. Quitte à avoir un peu de néo-gothique de temps en temps, ça vieillit finalement moins mal que le style "Front Populaire"...
  • On reparle du "plan Campus" à Grenoble. Et il est lié explicitement au PRES de Grenoble. Lequel avait un peu du plomb dans l'aile aux dernières nouvelles, mais c'est peut-être le début d'un changement.
  • En repensant au systèmes universitaire français et à ses spécificités, j'ai repensé, je l'avoue, à cette vieille blague, où un automobiliste écoute l'autoradio : "Attention, un fou a pris l'autoroute à contresens". Et le gars, regardant par la fenêtre : "Oh ben, il n'y en a pas qu'un seul..."... Et maintenant, je sais à quoi ils me font penser, les commentateurs de lemonde.fr/libe.fr/lefigaro.fr...