Le 4 juin 1989, c'était la mort de l'Ayatollah Khomeiny en Iran.

C'était le massacre de la place Tien-An-Men en Chine.

C'était aussi le premier tour des premières élections libres en Pologne depuis 1947.

C'était les premières élections libres dans un pays du bloc de l'Est, depuis la création, justement, du bloc de l'Est. Pour la plupart des polonais agés de moins de 60 ans, c'était la première participation à une élection.

Personne ne savait, personne ne pouvait donc prédire quel serait le résultat. L'accord, le compromis, signé entre Solidarnosc et le Parti Communiste Polonais prévoyait un certain nombre de garanties pour le parti au pouvoir : seuls 35 % des sièges de l'assemblée (la Diète) étaient en jeu, ainsi que 100 sièges au Sénat. En outre, les candidats du PC avaient des places garanties s'ils dépassaient un certain nombre de voix.

Pour illustrer l'incertitude, quelques jours avant le scrutin, le PC Polonais se demandait comment gérer les réactions de l'occident si Solidarité n'obtenait pas un seul siège, et Solidarité se demandait que faire s'il n'obtenait que quelques sièges dans un parlement largement dominé par le PC.

Les résultats des élections prirent tout le monde par surprise : Solidarité emporte l'ensemble des 161 sièges de la Diète qui étaient eu jeu (35 % de 460), et 99 sièges au Sénat sur 100 (le dernier siège allant à un indépendant).