Le 27 juin 1989, les ministres des Affaires Étrangères Autrichiens et Hongrois coupent, ensemble, le dernier morceau du rideau de fer séparant les deux pays.


(Photo : ©Belga/EPA/R.Jaegar via le parlement européen)

C'est la fin du processus démarré le 2 mai, le démantèlement des obstacles qui marquent la frontière Hongrie-Autriche. Mais c'est aussi l'occasion d'une très belle photo, et d'un énorme coup de pub. Beaucoup de Hongrois étaient assez frustrés de voir que les opérations de démantèlement du rideau de fer commencées le 2 mai n'attiraient pas assez l'attention, et ils avaient envie d'une image forte pour bien montrer le changement.

Dans la pratique, le démantèlement du rideau de fer ne change rien pour les Hongrois : ils étaient déjà libres d'aller à l'étranger depuis 1988 (ce qui avait occasionné un boom économique dans les villages autrichiens proches de la frontière, avec notamment un énorme supermarché posé juste à côté du poste frontière). Il ne change rien non plus pour les autres habitants des pays de l'Est : n'ayant pas de passeports ou de visas valables, ils n'ont toujours pas le droit de passer la frontière (mais ça devient plus facile de la passer de façon clandestine).

Sur le plan symbolique, l'effet est énorme. En particulier sur les Allemands de l'Est, qui sont nombreux à passer leurs vacances en Hongrie (le climat sur les rives du Balaton est meilleur que sur celles de la Mer du Nord).

Par parenthèse, les raisons données pour démanteler la frontière sont assez amusantes:

  • Les fils (en acier) sont rouillés ; il faut les remplacer. Ce qui veut dire les acheter à l'Ouest, et le pays n'a plus les moyens, surtout qu'il faut payer avec une monnaie acceptée à l'Ouest. L'URSS ne fournit plus l'acier ni l'argent nécessaire.
  • Le système génère beaucoup de fausses alertes ; les gardes frontières sont très souvent dérangés parce qu'un lapin passe dans le champ de fils de fer. Ou alors simplement un faux contact, ou encore un ivrogne.
  • Quand par hasard on trouve un vrai type, qui essaie vraiment de passer la frontière, c'est un étranger. Donc ça n'est pas notre problème, et ça n'est pas à nous de payer pour les problèmes des autres.

Bibliographie :