Le 13 août 1989, l'ambassade d'Allemagne de l'Ouest à Budapest doit fermer ses portes : elle croule sous l'afflux de réfugiés est-allemands, qui viennent y chercher l'asile et un passage vers l'ouest. L'ambassade appelle à l'aide les autorités hongroises, puis la population. Le 14 août, la paroisse de Zugliget ouvre un premier camp de réfugiés, avec l'aide de l'ordre de Malte, sur son terrain :


(Photo : Historical Photographic Collection of the Hungarian National Museum, Budapest, via Hungarian Quarterly)


(Photo : picture-alliance/dpa © dpa-Report, via German History Docs)

Les réfugiés posent un problème à la population hongroise (et aux dirigeants, aussi). D'un côté, ils sont liés par un traité de 1969 à l'Allemagne de l'Est, et doivent les renvoyer. D'un autre côté, la Hongrie a signé la convention de Genève sur les réfugiés (le 19 mars 1989), et ne peut donc pas les renvoyer dans un pays qui les punirait et les enverrait en prison. Comme dans toute bonne tragédie, la Hongrie est prise entre deux obligations, dont une obligation morale vis-à-vis des réfugiés.

Le nombre de réfugiés est-allemands en Hongrie augmente pendant tout l'été ; certains campent dans les jardins de l'ambassade d'Allemagne de l'Ouest :


(Photo : © dpa / picture-alliance via German Embassy in New Delhi)

(on admire ce qu'il reste des petites fleurs de l'ambassadeur), d'autres dans des camps de vacance à Csillebérc (Buda), d'autres encore dans des camps de vacance sur les rives du Balaton. Il est visible qu'ils n'ont pas envie de retourner en Allemagne de l'Est, mais ils n'ont pas non plus le droit de passer à l'Ouest. Les autorités hongroises ne veulent pas les renvoyer (malgré plusieurs demandes de l'Allemagne de l'Est), mais n'osent pas encore les laisser partir vers l'Ouest.

Pendant ce temps, d'autres passent la frontière par leurs propres moyens. Selon les chiffres autrichiens, au moins 237 Allemands de l'Est sont passés à l'Ouest entre mai et le 1er août 1989. Ça reste interdit, et les garde frontières continuent à garder la frontière : on peut être arrêté, même si on n'est plus renvoyé en Allemagne de l'Est. La route est difficile, et dangereuse.


(Photo : Dirk Eisermann/Hamburg, via Friedliche Revolution)

Bibliographie :