Le 7 novembre 1989, Willi Stoph, premier ministre d'Allemagne de l'Est, remet sa démission et celle de tous les ministres de son gouvernement au président, Egon Krenz. Le gouvernement a cédé sous la pression populaire.

Le 8 novembre 1989, le lendemain, c'est le début d'une réunion de trois jours du Comité Central du Parti. Le Politburo, le bureau politique, remet également sa démission au Comité Central.

La première décision que prend le Comité Central, c'est de reconnaitre le mouvement Neues Forum, issu des manifestations de septembre et d'octobre, et de l'autoriser comme association. La décision est annoncée immédiatement. Traduit en clair, le Parti vient de reconnaitre son opposition.

La deuxième décision porte sur le nouveau gouvernement. Le Comité Central propose Hans Modrow comme successeur à Willi Stoph.

La troisième décision porte sur les frontières. Sous la pression populaire, la frontière avec la Tchécoslovaquie a été rouverte le 2 novembre. Les Allemands de l'Est sont donc autorisés à partir vers l'Ouest, à condition de passer par la Tchécoslovaquie. La Tchécoslovaquie a déposé une protestation officielle, disant en substance que tout ça ne lui parait pas très logique, que tous ces réfugiés qui passent par chez elle ça rend la vie impossible dans le Nord-Ouest du pays, et que si la RDA veut autoriser les gens à sortir, autant qu'ils le fassent sans aller mettre le désordre dans le pays voisin, non mais des fois, merci bien. C'est ce jour là qu'est prise la décision d'ouvrir la frontière directement avec l'Allemagne de l'Ouest. Bonn et Moscou en sont informés immédiatement.

Le soir du 8 novembre, l'auteur est-allemande Christa Wolf lit un appel rédigé avec l'opposition démocratique Est-Allemande (dont Neues Forum), implorant les Allemands de rester à l'Est : "on ne vous promet pas une vie facile, mais on vous promet qu'elle sera intéressante et utile. La possibilité de participer à des grands changements, de construire un pays nouveau. (...) Il est clair que le régime ancien s'est écroulé. (...) Aidez-nous à construire une société nouvelle, vraiment démocratique et qui préserve la démocratie dans le socialisme. Ça ne sera pas qu'un rève, si vous nous aidez. Ayez confiance en vous, ayez confiance en ceux qui veulent rester et changer le pays de l'intérieur". Signe des temps, cet appel, signé de tous les mouvements d'opposition, est diffusé à la télévision est-allemande, et publié le matin du 9 dans "Neues Deutschland", l'organe du Parti.

Bibliographie :