Une odyssée à Ithaca

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dimanche 28 mars 2010

Liens intéressants twittés cette semaine

(on va essayer, ça a l'air fun)

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jeudi 25 mars 2010

Le financement par projets de la recherche... et ses limites

Une fois de plus, l'actualité vient interrompre la rédaction de billets...

Il s'agit aujourd'hui du financement de la recherche. À moins de vivre dans une splendide isolation, vous avez du entendre parler de l'ANR, qui a introduit en France le principe du financement par projet, comme la NSF, le NIH, la DFG... Vous avez probablement même entendu dire un peu de mal de cette nouvelle institution. Moi-même, ça m'arrive, parfois.

En même temps, comme l'a fait remarquer JF, il faut bien distribuer l'argent, et demander aux gens d'écrire ce qu'ils comptent en faire avant de le leur donner n'est pas forcément idiot. Et dans les critiques de l'ANR, il faut distinguer le structurel du conjoncturel (le structurel, ça voudrait dire que le fait même de distribuer de l'argent par projet est mal, le conjoncturel, ça veut dire que le processus de review est, disons, améliorable).

Mais tout système de review a ses défauts, et celui qui est en place chez nos voisins anglais n'échappe pas à la polémique. Un autre type de polémique, cependant. Pour redonner le contexte, il faut se rappeler qu'il n'y a pas de limites au nombre de projets qu'on peut soumettre. Comme en plus le processus comporte toujours une part d'aléatoire, soumettre beaucoup de projets augmente les chances d'acceptation. Ça n'est pas linéaire, bien sûr : 10 projets de qualité moyenne n'ont pas 10 fois plus de chance d'être accepté qu'un seul. Mais parfois plus qu'un projet de bonne qualité. Surtout si le processus de review n'est pas parfait, et que la note du projet dépend un peu du hasard.

Empiriquement, on voit deux genres de comportement : certains soumettent peu de projets, en essayant de soigner le contenu, d'autres envoient beaucoup plus de projets, sans attention au contenu. À l'autre bout, dans l'agence de financement, il y a aussi deux comportements possibles : 1) c'est comme ça, on laisse faire, ou bien 2) c'est pas notre rôle, et ça diminue la qualité globale des projets retenus (ceci en supposant que l'agence de financement prenne son rôle à cœur, et qu'elle veuille favoriser la recherche fondamentale).

À partir d'un certain seuil, la quantité de projets envoyés peut finir par engorger l'agence (et a un impact sur la qualité du processus de review, quelque chose auquel je tiens).

Pour éviter cet écueil, l'ERC a prévu depuis sa fondation que si vous envoyez une proposition et qu'elle est jugée en dessous d'un critère de qualité, alors vous ne pouvez pas recandidater pendant un an. Notez bien qu'il y a deux seuils de qualité pour la sélection : un seuil au dessus duquel votre proposition est évaluée sérieusement et classée (mais pas forcément financée, ça dépend du budget), et un seuil en dessous duquel non seulement votre proposition est rejetée, mais en plus vous êtes exclus pour un an.

Cette année, l'EPSRC (agence anglaise de financement de projets de recherche en Physique et Chimie) a pris une mesure moins drastique, mais plus contestée : si sur 24 mois, vous avez soumis trois propositions qui ont toutes les trois été classées dans "the bottom 50 %", alors vous entrez en purgatoire : vous n'avez plus droit qu'à une seule proposition sur les 12 prochains mois. Cette proposition a été vigoureusement contestée (notamment sur Twitter, mais aussi dans les labos anglais), et j'ouvre ce billet en partie pour permettre aux gens d'exprimer leurs arguments sur plus de 140 caractères. Nature a pris position dans un éditorial (ils sont pour, et ils en profitent pour donner un contexte historique).

Il me parait clair que ça ne peut être qu'une mesure transitoire : si on enlève systématiquement les 50 % du bas, on a une suite géométrique, et à un moment il ne reste plus qu'un scientifique qui a le droit de soumettre. Mais la mesure permet de réduire le nombre de soumissions et d'augmenter la qualité des projets retenus, je suis pour. L'EPSRC a bien dit qu'il s'agissait de mesures temporaires, qui seraient revues en fonction de leurs résultats.

lundi 15 mars 2010

Sur la politique des régions en matière de recherche

Je ne vais pas vous faire un billet sur les dépenses des régions en matière de recherche, d'autres s'en sont chargé avant moi.

Je vais vous faire du qualitatif, du comparatif. En me basant juste sur mon expérience personnelle. Pour mon équipe de recherche, la contribution de la région représente entre 1 et 2 % du budget annuel. C'est faible. Même si je ne considère que le budget hors salaire, qui représente plus ou moins les conditions de travail des chercheurs (si on peut partir en missions, si on peut racheter un ordinateur...) la contribution de la région reste de l'ordre de 5 % (la même chose que le CNRS, d'ailleurs). Je suis content de leur contribution, mais si elle n'était pas là, ça ne serait pas une catastrophe pour l'équipe.

En fait, pour moi, la contribution principale de la région à la recherche, la chose qu'ils font et qui change le monde, ce sont les bourses de mobilité (appelée Eurodoc, puis Explora'Doc). Ces bourses donnent des moyens pour partir 6 mois au cours de la 2e ou 3e année de thèse, dans un laboratoire de recherche étranger. L'équivalent de ces internships que les doctorants américains font tous les étés, mais en sens inverse (et pas forcément pendant l'été). Le séjour de 6 mois peut être soit une fois 6 mois, soit deux fois 3 mois. Presque tous les doctorants de l'équipe depuis... très longtemps ont déposé une demande, presque tous ont vu leur demande acceptée, tous ceux qui l'ont fait ont vu un boost énorme sur leur recherche.

Le seul défaut que j'y vois, c'est que la demande doit être déposée au cours du premier semestre de la première année. Donc on se retrouve un peu à jouer les voyantes extra-lucides en devinant dans quelle direction un étudiant va diriger ses recherches et s'il sera intéressé par un séjour à X ou à Y... deux à trois ans plus tard.

Je n'arrive pas à savoir si ces bourses sont une spécificité de ma région, ou si elles sont généralisées. En tout cas, en terme d'effet concret par euro investi, je dirais que c'est énorme.

Au passage, j'en profite pour caser un détail : les doctorants américains ne sont pas payés pendant l'été. Du coup, ils vont passer l'été à travailler en entreprise, ça s'appelle des internships, et ça donne des crédits comptabilisés pour leur diplome. Tout le monde y trouve son compte : les entreprises y gagnent de la main d'œuvre bon marché (mais payée quand même), et l'occasion de voir leurs futurs recrutés. Les étudiants y gagnent un contact avec l'industrie, et un salaire meilleur que la bourse de thèse. Les universités y gagnent de futurs employeurs pour leurs docteurs et des contacts avec l'industrie (et des fois des dons). Comme les mois d'été ne sont pas payés, la thèse dure plus longtemps à prix égal, ce qui permet de faire murir les idées.

Le phénomène n'est pas anodin : Microsoft parvient ainsi à voir passer 25 % de l'ensemble des doctorants en Informatique. C'est énorme.

samedi 6 mars 2010

À quoi ça sert la pluri-disciplinarité..

(conte de fée à Caltech)

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mercredi 3 mars 2010

Classements internationaux

(bref billet à bookmarks)

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lundi 1 mars 2010

À propos de sélection et d'enseignement, suite

(démission d'un prof de Mathématiques à l'X)

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