La Cour des Comptes a rendu récemment ses rapports pour l'année 2011. Un certain nombre de chapitres concernent le monde de la Recherche :

On en a parlé à plusieurs endroits. La lecture de ces rapports est toujours intéressante, et je vous la recommande. En quelques mots, ce que j'en retiens : (mes commentaires éventuels sont en italiques)

Sur l'ANR :


  • la Cour recommande que l'ANR puisse financer des décharges d'enseignement sur tous ses projets (et pas seulement les JCJC) (je ne leur fais pas dire).
  • le taux de financement de l'ANR (subvention donnée divisée par coût total du projet) est d'environ 25 % pour les laboratoires publics, alors que c'est plus proche de 50-60 % pour les entreprises privées. La Cour fait observer que ça n'est pas équitable, et recommande d'augementer ce rapport pour les labos publics. (c'est pas simple, ça vient du fait que l'ANR ne finance que les coûts additionnels, mais ça serait bien pour nous).
  • la Cour voudrait qu'on puisse déposer systématiquement des projets en Français. (ça va augmenter l'impact international de la recherche française)
  • la Cour s'étonne et regrette que l'INRIA ne soit pas un institut Carnot. (là, on est tous d'accord)
  • l'ANR fait une partie de sa comptabilité sur un fichier Excel (ouch !)
  • une section porte sur le suivi des personnels embauchés sur contrat ANR, et sur leur devenir. Pour la Cour, tous les personnels embauchés devraient trouver du travail à la fin de leur contrat. En tout cas, ils en font un indicateur chiffré, et imposent à l'ANR le suivi des personnels qui ont été embauché sur fonds ANR.

Sur le CNRS :


  • la Cour trouve qu'il n'est pas normal que le Contrat d'Objectif et de Moyens du CNRS ne comporte pas de moyens (je ne leur fais pas dire). Dans leur réponse, les ministres des Finances et de la Recherche disent que si, si, c'est tout à fait normal, il ne voient pas le problème.
  • le Contrat d'Objectif et de Moyens du CNRS comporte un indicateur chiffré en nombre de publications. Purement quantitatif, sans correction par discipline ni impact. (la répétition est à la base de la pédagogie, certes, mais je trouve qu'on a du boulot, là)
  • le CNRS a, à la fois, 400 M€ de crédits non dépensés en fin d'année, et 240 M€ de décalage entre les crédits autorisés aux labos et les crédits effectivement disponibles. Il va falloir résorber ça, ce qui risque de se faire dans la douleur.
  • le CNRS finance 600 délégations par an (soit en moyenne 7 par université, toutes disciplines confondues). La Cour pense que ça n'est pas assez, que ça devrait être un indicateur chiffré dans le Contrat d'Objectifs et de Moyens. (je n'aurais pas mieux dit)
  • sur 755 recrutements de chercheurs au CNRS (CR+DR, 2007 et 2008), il y a eu seulement 29 recrutements de personnes qui étaient Enseignants-Chercheurs auparavant (27 MCF et 2 PR). La Cour pense que ça n'est pas un bon signe, et qu'il devrait y avoir plus de passages C -> EC et EC -> C. Dans sa réponse, la Ministre de la Recherche explique que le nombre de recrutements d'extérieurs comme DR sera de 25 en 2011 (au lieu de 10 en 2010). 25 extérieurs, ça fait environ 0,5 par section du CNRS...
  • la contribution du CNRS aux laboratoires est minoritaire en nombre de chercheurs, mais majoritaire en nombre d'Ingénieurs, Techniciens et Admnistratifs. Traduction : il faudrait sans doute que les universités aient un peu plus de postes d'administratifs.
  • la fin du rapport porte sur le Mandat Unique de Gestion et la Délégation de Gestion, pour se résumer à : "il faut" et "mais il va falloir améliorer les logiciels et l'inteconnexion des bases de données, parce que dans l'état actuel, ça peut pas marcher". En gros, il faudrait que chaque partenaire d'une UMR sache ce que les autres partenaires ont apporté.