L'Expansion a mis en ligne un classement des Grandes Écoles en fonction des salaires. Salaires à l'embauche, salaire médian après 3 ans, et revenu total (salaires + primes) (médian aussi, j'imagine) après 3 ans.

On peut même comparer le salaire à l'embauche (une fourchette, du genre entre 32 000 et 35 000 euros) et le revenu médian après 3 ans. Voici ce que ça donne pour les Écoles d'Ingénieur.

Qu'est-ce qu'on voit sur cette image ?

D'une part, que les recruteurs ont visiblement une hiérarchie simple des Écoles, avec une grille de salaires à l'embauche répartie en quelques catégories (j'en vois 5). Cette grille, pour moi, c'est représentatif de la réputation des écoles (dans le premier groupe, par exemple, on trouve l'X, les Ponts, Centrale, les Mines, Télécom Paris, l'ENSTA, SupAéro et l'Agro).

D'autre part, on voit que 3 ans après l'embauche, les revenus ont fortement évolué, au point de remettre en cause la hiérarchie des grilles d'embauche. Certaines écoles du 2e groupe passent devant des écoles du 1er groupe (typiquement, Télécom Paris, l'ENSTA et SupAéro se font distancer, sans parler de l'Agro). La question que je me pose est : "quelles sont les raisons qui expliquent cette inversion de la hiérarchie ?"

  • Des écoles qui forment des ingénieurs pour un secteur spécifique, avec une forte tension. C'est probablement ce qui explique les très bons résultats des élèves de l'École Nationale Supérieure du Pétrole et des Moteurs (ENSPM) et de l'École Spéciale des Travaux Publics, du Bâtiment et de l'Industrie (ESTP), en tête du groupe 3.
  • Mais l'explication ne vaut pas pour des écoles plutôt généralistes, comme Supélec, Télécom Bretagne ou Centrale Lille, également en tête du groupe 3. Est-ce que la qualité de l'enseignement dispensé pourrait expliquer partiellement cette remontée ? Ces ingénieurs monteraient-ils plus vite dans la hiérarchie parce qu'ils font du bon travail ? (ou parce qu'on leur a appris des choses utiles ?)
  • A contrario, qu'est-ce qui explique les mauvais résultats (relatifs) de l'UTC, l'EPITA, l'Agro ? Est-ce que ce sont des connaissances plus difficiles à valoriser sur le marché du travail ?
  • Je suis frappé par les très bons résultats de plusieurs écoles à prépa intégrée, comme l'ESIEE ou les INSA. Est-ce qu'elles seraient actuellement sous-évaluées par les recruteurs (peut-être parce que à prépa intégrées, donc vues comme moins sélectives ?)
  • Dernier point qui me frappe en relisant mes données : la plupart des écoles qui sont en queue de leur groupe (comme l'ISIMA, l'ESITC...) sont des écoles plutot récentes (disons, créées dans les années 90). Qu'est-ce qu'on peut en conclure ? Que construire une équipe enseignante efficace, ça prend du temps ?