En ce moment, le monde universitaire bruit de plusieurs luttes, plus ou moins visibles, pour l'Open Access. Tom Roud et David Monniaux se sont fait l'écho de certaines batailles.

J'ai aussi parlé, par le passé, de l'affaire Ke-Sen Huang.

C'est dans ce contexte que je veux saluer l'initiative d'ACM. La puissante Association for Computer Machinery (qui contrôle environ la moitié des publications en Computer Science, l'autre moitié allant à IEEE-CS) permet depuis longtemps aux auteurs de mettre leurs articles en accès libre sur leurs pages personnelles ou institutionnelles, tout en proposant les articles sur sa propre Digital Library. C'est, je crois, ce qu'on appelle une "Green Route" de l'Open Access (encore mieux que la Gold Route).

Mais ACM va encore plus loin avec le service "Author-izer". J'ai testé pour vous, et c'est absolument fantastique. Voici la page web de mes publications avec ACM Author-izer. Pour comparer, voici la page web de mes publications sans ACM Author-izer. La différence est subtile, j'en conviens. Pratiquement toutes mes publications sont accompagnée d'un fichier PDF qui est, suivant la politique des éditeurs, identique à la version publiée ou identique à la version soumise. Ce qu'ajoute ACM Author-izer, c'est la petite icone ACM (le losange bleu, là). Choisissez-en une, et cliquez dessus. Allez-y, essayez.

Vous venez d'accéder au PDF de l'article (ce qui est un peu ce qu'on espérait). Mais, et c'est là qu'est la révolution, pas le PDF de l'article de l'auteur. Non, Monsieur, non. Vous venez d'accéder au PDF de l'article dans la Digital Library d'ACM. Même si vous n'êtes pas membres d'ACM. Est-ce que vous voyez l'importance du changement ? L'auteur de l'article, d'un simple geste, peut autoriser tout le monde à accéder à ses articles dans l'ACM Digital Library. La version finale. Sur le site de l'éditeur.

Monsieur ACM, je vous salue et je vous félicite. Messieurs les autres éditeurs, vous voyez ce qu'il vous reste à faire.